jeudi 11 mai 2023

CORRECTION DS

Source : https://www.lelivrescolaire.fr/page/11965943

1. Analyse de documents.

Doc. 1 : dans les populations vivant à faible altitude, on ne retrouve que très rarement la présence des marqueurs génétiques dénisoviens (3 populations seulement, au Bhoutan). À l'opposé, dans les populations vivant à haute altitude, on observe toujours la présence, en forte proportion, des marqueurs génétiques dénisoviens. On peut même observer des populations où ces marqueurs sont majoritaires.

Doc. 2 : on observe que la fréquence des marqueurs génétiques dénisoviens EPAS1 est d'autant plus forte que l'altitude à laquelle vit la population est importante : par exemple, pour les populations vivant à une altitude inférieure à 1 000 m, la fréquence est comprise entre 0 et 10 %, alors que pour les populations vivant à plus de 3 000 m d'altitude, on trouve des fréquences comprises entre 30 et 80 %.

On peut donc en déduire que plus la population testée vit en altitude, plus la fréquence de l'allèle EPAS1 dénisovien est grande.

NB : il est plus scientifique de donner en premier les faits pour faire la conclusion ensuite que de commencer par la conclusion qu'il faut justifier ensuite.

NBB : Attention : un chiffre sans unité n'a aucune valeur : une fréquence de 0,1 = 1/10 = 10%

2. Question de cours. La question sous-entend qu'il existe plusieurs types d'arbre phylogénétiques et qu'il faut identifier quel est le type d'arbre du doc.3. Des arbres phylogénétiques peuvent être réalisés à partir de caractères morpho-anatomiques (forme de la mâchoire, par exemple), mais les rares fossiles découverts sont souvent incomplets ou en mauvais état de conservation. D'autre part, ces caractères peuvent aussi varier entre les individus d'une même espèce : trouver un seul représentant le rend difficile à positionner dans un arbre. À l'opposé, l'ADN ou les protéines peuvent être extrêmement bien conservés dans un tout petit échantillon et permettent des comparaisons chiffrées plus précises, les matrices de distances ou d'identités.

NB : Cette partie de la phylogénétique s'appelle la phénétique. Une classification phénétique ou classification numérique est une méthode d'établissement des relations de parenté basé sur le nombre de caractères communs partagés par des organismes ou des molécules, indépendamment de toute notion d'homologie : plus ce nombre de caractères communs est important et plus l'ancêtre commun est récent. Les relations de parenté sont donc précisées à partir d'une matrice des distances. la matrice taxons-caractères contient une information phylogénétique (partage d'états dérivés des caractères) dont une partie est perdue lors du remplacement de la matrice taxons-caractères par une matrice de distances. Même si la matrice taxons-caractères permet une reconstitution phylogénétique correcte, le traitement phénétique de la même information de départ peut conduire à une phylogénie erronée, du fait de cette perte d'information.

3. Analyse de document : Sur l'arbre du doc. 3 le plus proche parent de Xiahe est l'homme de Denisova de la grotte sibérienne. Xiahe appartient donc au genre Homo. D'après l'arbre, il est plus proche d'Homo neanderthalensis, car il partage avec lui un ancêtre commun plus récent. D'après cet arbre, Xiahe et Neandertal ont plus d'innovations évolutives (5 nœuds) communes que Xiahe avec Sapiens (4 nœuds).

4. Interprétation de données : Les restes de Xiahe identifiés sont datés d'au moins 160 000 ans ; Les plus vieux fossiles d'Homo sapiens sont datés de 30 000 à 40 000 ans. On peut donc en déduire que des dénisoviens occupaient le plateau tibétain bien avant les premiers Homo sapiens. Ces dénisoviens devaient posséder des caractéristiques génétiques leur conférant des traits adaptatifs à la vie en haute altitude.

5. Conclusion explicative. Dénisoviens et Homo sapiens sont des espèces proches et elles ont dû cohabiter sur les plateaux tibétains. Des hybridations entre ces espèces ont permis des transferts de gènes dénisoviens dans le génome d'Homo sapiens. Quand ces gènes apportent un avantage sélectif (ici une meilleure tolérance à l'hypoxie observée en altitude), ils sont sélectionnés et conservés par les mécanismes de la sélection naturelle.

NB : les êtres-vivants ne s'adaptent pas pour évoluer, les gènes de mutent pas pour s'adapter au milieu mais par hasard. C'est la sélection naturelle qui trie certaines mutations parce qu'elles procurent un avantage ou au contraire un désavantage.

NBB : Xiahe ne peut pas être considéré comme l’ancêtre de Sapiens ou Neandertal, sinon on les confondrait, il s ne seraient pas des espèces séparées. On ne peut pas trouver l’ancêtre dans un fossile, le chaînon manquant est une construction hypothétique, un portrait-robot, qui ne peut pas correspondre à un individu.

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