Misensit°
Les questions que pose l’âge de glace
1/ Histoire de l'humain
Les concepts de biologie évolutive ont une large portée explicative, présentée ici à travers plusieurs exemples. Ils permettent de comprendre l’anatomie comme le résultat d’une longue histoire évolutive, faite d’adaptations, de hasard, de contingences et de compromis. Les concepts de variation et de sélection naturelle éclairent des pratiques humaines (médicales et agricoles) et certaines de leurs conséquences.
1,1/ Traces de l'évolution sur l'humain
1/ Régressions en cours
Interpréter des caractéristiques anatomiques humaines en relation avec des régressions en cours (comme les dents de sagesse).
video 6'29 : https://youtu.be/gdjQiao1QYE?si=5ED7_VzS36G19aoZ
radio 5'46 : https://youtu.be/p0vTo5wYvss
« la faiblesse de cette dent, qui naît la dernière [...] et fait souvent défaut » Charles Darwin
Le nombre de dents peut varier selon les individus, mais le modèle chez l’adulte est pour chaque demi-mâchoire : 3 molaires (numérotées M1, M2, M3), 2 prémolaires (P), 1 canine (C), 2 incisives (I). Les dents de sagesse correspondent à la molaire M3.
comparaison crânes Pan//Homo
Personnes présentant un mauvais positionnement des dents de sagesse lors de leur croissance |
50 % |
Proportion de la population actuelle dont au moins une dent (hors M3) ne pousse pas |
1 à 6 % |
Proportion de la population actuelle dont au moins une dent de sagesse ne pousse pas |
20 à 30 % |
Diminution de la taille des dents entre les humains actuels (H. sapiens) et l’homme de Dmanisi (H. georgicus), dont les fossiles sont datés de 1,8 Ma |
15 % |
Comme les dents de sagesse ne sont plus indispensables, les mutations qui touchent des gènes impliqués dans leur formation n’affectent pas le succès reproducteur des individus. La sélection naturelle n’a donc pas d’effet. Il est donc possible que les fréquences des allèles impliqués évoluent au hasard. Il est cependant difficile de tirer des conclusions à partir des statistiques sur les dents de sagesse ou des quelques fossiles disponibles. Il n’est pour l’instant pas possible d’affirmer que l’absence de formation de dents de sagesse corresponde à une évolution de l’être humain. Si ces absences semblent plus nombreuses, c’est parce qu’elles sont mieux diagnostiquées. Ainsi il peut s’agir d’incidents liés à la diversité humaine. Nous aurons sans doute encore longtemps une formule dentaire à 32 dents.
Biphalangie : deux des trois phalanges du petit orteil sont souvent fusionnées dans les populations modernes. La biphalangie des orteils est un phénomène exclusivement humain, et son évolution est considérée comme une adaptation à la bipédie, puisque l'humain est le seul mammifère bipède.
80 % au Japon et 40 % aux États-Unis
41 % de biphalangie sur le petit orteil, 2,1 % de biphalangie sur le quatrième orteil en Pologne d’après Surgical and Radiologic Anatomy
46 % de biphalangie sur le petit orteil chez les Américains d’ascendance européenne, 44 % chez les Afro-Américains d’après Journal of Comparative Human Biology
L'appendice — ce petit sac (~5-10 cm) au bout du côlon aidait probablement les ancêtres herbivores à digérer la cellulose (feuilles, écorces). Il n'a plus de rôle direct dans la digestion, tissu lymphoïde (follicules avec lymphocytes B et T, production d'IgA) et réservoir de microbiote intestinal.
Le coccyx — c'est le vestige de la queue de nos ancêtres, devenue inutile pour l'équilibre une fois la bipédie acquise. Il sert aujourd'hui de point d'attache pour des muscles du plancher pelvien.
Autres exemples moins connus
La plica semilunaris — ce petit repli de peau au coin interne de l'œil est le vestige de la membrane nictitante (troisième paupière) que beaucoup d'animaux utilisent encore pour protéger leurs yeux.
Le muscle palmaris longus : un muscle de l'avant-bras que ~10-15% des humains n'ont même plus. Vous pouvez tester si vous l'avez en joignant pouce et auriculaire puis en fléchissant le poignet — un petit cordon apparaît (ou pas).
Les muscles de l'oreille (auriculaires) : chez la plupart des mammifères ils orientent l'oreille vers un son ; chez l'humain ils sont largement inactifs (sauf chez les rares personnes qui savent "bouger les oreilles").
La chair de poule (muscles arrecteurs des poils) : hérisse le poil pour se réchauffer ou paraître plus imposant chez les animaux poilus — chez l'humain glabre, ça ne sert plus à grand-chose.
Le tubercule de Darwin : petit repli cartilagineux sur le bord de l'oreille, vestige de la pointe d'oreille ancestrale.
Le muscle plantaris : présent chez les primates grimpeurs pour la préhension du pied, absent chez ~10% des humains sans conséquence.
À quoi ressembleront les humains de demain ?
« La stature des Européens les plus grands (les Néerlandais) n’augmente plus alors que celle des pays de l’Europe du sud, où la taille était plus faible, continue. Il en va de même des performances sportives qui n’augmentent plus beaucoup, une fois que la limite physiologique humaine est atteinte.
D’autres phénomènes, comme la maturation sexuelle, ont évolué, notamment l’âge des premières règles (la ménarche), qui est passé de 15 ans à 12 ans en deux siècles. Mais là encore le mouvement se ralentit et se stabilisera là où les conditions sanitaires sont optimales.
Quant à notre apparence générale, la couleur de la peau de l’Homme devrait également changer, avec une plus grande variabilité à l’intérieur d’une population donnée. Les gènes qui déterminent la couleur de la peau sont en effet multiples et se dispersent petit à petit dans les différentes populations au gré des migrations humaines. » en 2015. Alain Froment, Associé au Muséum d’histoire naturelle (UMR 7206, Éco-anthropologie)
https://www.lelivrescolaire.fr/page/5339666
https://www.mnhn.fr/fr/a-quoi-ressembleront-les-humains-de-demain
https://www.researchgate.net/figure/Left-Biphalangeal-toe-Right-Triphalangeal-toe_fig1_334018708
