lundi 23 février 2015

speciation

Corneille mantelée – Corneille noire
Spéciation par zone de contact étroite


  1. Présentation
La corneille mantelée est une espèce d'oiseau d'Eurasie appartenant à la famille des corvidés. Elle est parfois considérée comme une espèce à part (Corvus cornix), cependant une majorité d'ornithologues la traite encore comme une sous-espèce de la corneille noire dont elle a la silhouette et la morphologie. Comme d'autres corvidés c'est un oiseau omnivore et opportuniste. La tête, le haut de la poitrine, les ailes, la queue et les tibias sont noirs, le reste du plumage est gris. Largement diffusée, on la rencontre dans le Nord, l'Est et le Sud de l'Europe, ainsi que dans certaines parties du Moyen-Orient. La corneille noire est un oiseau entièrement noir, y compris les pattes et le bec. Son bec est plus effilé que celui du corbeau et les plumes de son cou ne sont pas ébouriffées. L'extrémité de sa queue est carrée. Elle se distingue du corbeau freux par son bec plus large, qui n'est pas blanchâtre.
En ce qui concerne leur habitat, même si leur aire de répartition ne se superpose qu'en de rares endroits ou si leur cohabitation ne se fait qu'au cours de périodes restreintes à la faveur notamment des migrations hivernales, l'habitat de la corneille mantelée n'est pas très différent de celui de la corneille noire car leurs besoins en matière d'alimentation et de nidification ne sont pas très fondamentalement éloignés. On la retrouve donc en lisière des forêts ou dans les clairières, dans les régions agricoles à paysages ouverts avec arbres épars et bosquets. Tout comme la corneille noire, on l'observe également dans les parcs urbains, les landes d'altitude ou les falaises côtières. Elle n'est pas rare dans les vasières des estuaires et sur les rivages.


  1. Les hybrides
Des formes hybrides fertiles entre corneille noire et corneille mantelée apparaissent dans l'étroite zone où les deux espèces sont en contact. Ces hybrides présentent entre autre un mélange variable des caractères de plumage des deux parents. Les hybrides peuvent être classés en deux grandes catégories:










• type 1 – hybrides intermédiaires et très variés, dont la coloration est un mélange évident de Corneille mantelée et de Corneille noire, avec beaucoup de noir dans le gris; les sous-caudales et les culottes sont en général bien noires, couleur qui envahit secondairement toutes les scapulaires, le manteau et le ventre
• type 2 – oiseaux proches de la Corneille noire, dont ils se distinguent par quelques marques grises ça et là, souvent sur les côtés de la nuque chez les oiseaux les plus repérables. Les hybrides de type 2 sont les plus faciles à repérer, grâce à la présence de diverses taches noires sur le manteau ou sur les parties inférieures.
Toutefois, certains hybrides de type 2 sont si proches de la Corneille noire, qu’il peut être difficile de voir que ce sont des hybrides.
En effet la corneille mantelée ressemble fortement à la Corneille noire (Corvus corone) par sa morphologie et son comportement, et ces deux espèces ont été longtemps considérés comme deux populations locales d'une même espèce. Le fait que des cas d'hybridation soient connus là où les deux espèces se rencontrent corrobore cette opinion. Toutefois, depuis 2002, la Corneille mantelée a été élevé au rang d'espèce à part entière après une observation plus attentive.

  1. Conclusion
Les cas d'hybridation restent en effet rares et les hybrides manquent souvent de vigueur. Il est probable que cet exemple mette en évidence un autre paramètre jouant sur la largeur de la zone hybride : outre l’efficacité de l’hybridation et la dispersion, il peut y avoir sélection ou contre sélection des hybrides : par exemple, la coloration intermédiaire peut gêner la recherche des partenaires sexuels. Enfin, la forme de la zone hybride peut aussi dépendre des interactions entre l’hétérogénéité des paramètres du milieu dans la zone de transition et la sélection des hybrides.


  1. Sources :

dimanche 22 février 2015

spéciation

La souris de Madère
Il existe un nombre diversifié d’espèces de souris dans le monde. Sa naissance débuterait environ de 0,5 à 1 milliard d’année. C’est un petit mammifère rongeur. On en compte environ 85 espèces différentes. Sur l’île de Madère, il a été découvert une souris appelée la souris de Madère qui fait partie de l’espèce de souris la plus connue : la souris domestique (Mus muculus).

Malgré la petite surface de l’île de Madère, en 2000, un biologiste a observé une très grande diversité de souris. En effet, aujourd’hui, nous pensons qu’il y a six races (peut-être espèces) de souris à Madère, c’est un cas de spéciation (apparition de nouvelles espèces). Chaque groupe de souris est différencié par leur caryotype qui est le fruit d'un remaniement chromosomique.

Ces souris ont des similitudes génétiques avec les souris portugaises ce qui est normal puisque Madère a été découverte et colonisée par les Portugais en 1419. Mais ce qui est étonnant c’est que ces souris ressemblent au niveau de leur ADN mitochondrial aux souris Scandinaves et de l’Europe du Nord. Les historiens et biologistes en concluent que les Vikings ont été les premiers à découvrir l’île de Madère et on peut supposer qu’ils ont apporté des souris scandinaves.

Récemment, les scientifiques ont découvert que la diversité des six races est due à la topographie de l’île car l’île est escarpée et donc il y a un isolement entre les vallées.

Contrairement à certaines races de souris européennes qui ont 40 chromosomes, la souris de Madère possède entre 22 et 38 chromosomes. Il y a eu une réduction du nombre de chromosome par la fusion robertsonienne, c’est-à-dire qu’elles n’ont pas perdu l’information génétique mais des chromosomes ont fusionné. Les scientifiques ont observés 20 types de fusions robertsoniennes à Madère, 13 n’avaient pas été encore vues ensemble dans aucune des populations de souris. C’était la première fois aussi où la fusion a été faite sur le chromosome 19.

Cette spéciation a été faite entre 500 et 1000 ans ce qui indique qu’il y a eu environ 2000 à 4000 générations. Ce qui est très rapide puisque l’histoire de l’évolution décrit que les spéciations se font sur plusieurs centaines de milliers d’années.

Aucun hybride n’a encore été trouvé alors que les groupes de souris vivent à quelques kilomètres des unes et des autres, ce qui montre que les remaniements chromosomiques peuvent être un système efficace d’isolement reproducteur. Artificiellement, si nous accouplons deux souris de deux groupes différents, cela donne naissance à des hybrides qui sont stériles. Cela est dû à la différence d’accouplement des chromosomes homologues pendant la métaphase de la division réductionnelle de la méiose.

L’archipel de Madère est composé de trois petites îles dont Madère, Porto Santo et Desertas.
Etrangement, nous n’avons pas découvert de fusion robertsonienne dans l’île de Porto Santo.

Nous pouvons conclure qu’aujourd’hui, il n’y a pas de naissance d’hybrides issus de deux groupes de souris de Madère qui serait dû à un remaniement chromosomique efficace par la fusion robertsonienne. Cette spéciation a été très rapide et encore aujourd’hui, les scientifiques n’expliquent pas cette particularité.